Ecotoxicologie et vautours

Les rapaces et autres nécrophages peuvent être exposés accidentellement à des médicaments vétérinaires toxiques en consommant des cadavres d’animaux laissés dans la nature. Certains anti-inflammatoires, comme la flunixine, le carprofène et le kétoprofène, et des barbituriques comme le pentobarbital, représentent un danger particulier.

Problème et Recommandations :
1. Cadavres non équarris : Les oiseaux nécrophages peuvent ingérer des substances toxiques lorsque des cadavres traités sont laissés dans les champs, déposés dans des aires de nourrissage, ou lorsque des animaux soignés dans des centres de soins de faune sauvage meurent peu de temps après leur relâcher dans la nature.
2. Anti-inflammatoires toxiques : La flunixine, le carprofène et le kétoprofène ont causé plusieurs décès de vautours en Europe. L’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) recommande d’éviter ces substances et de privilégier le méloxicam, moins toxique pour les oiseaux.
3. Barbituriques persistants : Le pentobarbital, utilisé pour l’euthanasie, peut rester dans les tissus des carcasses pendant plusieurs mois, posant un risque d’intoxication pour les oiseaux sauvages et les chiens de ferme.

Décès de Vautours en Italie :
En Italie, plusieurs vautours ont succombé après avoir ingéré de la viande contaminée par de la flunixine. Cet anti-inflammatoire, présent dans plusieurs médicaments vétérinaires autorisés en Europe, s’est avéré particulièrement toxique pour ces oiseaux. Les études scientifiques ont confirmé la dangerosité de cette substance pour les vautours sauvages, conduisant l’Agence européenne des médicaments (EMA) à imposer des précautions d’emploi spécifiques pour les médicaments contenant de la flunixine méglumine.

Actions Recommandées :
• Pour les vétérinaires, éleveurs et soignants dans les centres de soins de faune sauvage : Prendre toutes les précautions lors de l’administration de ces médicaments et s’assurer que les carcasses sont rapidement enlevées pour éviter toute intoxication secondaire.
• Pour les soignants dans les centres de soins de faune sauvage : Ne pas injecter de substances toxiques pour les vautours sur les animaux relâchés susceptibles de devenir des proies.
• Sensibilisation : Informer les professionnels sur les risques et les alternatives plus sûres pour la faune sauvage.

Cette sensibilisation vise à protéger la biodiversité en limitant l’impact des médicaments vétérinaires sur les rapaces et charognards.

Nicolas MARTINEZ
Docteur vétérinaire

DIE Santé de la Faune Sauvage Non Captive

DU Pathologies Tropicales Essentielles — Faculté de Médecine, Sorbonne Université*

* Diplôme universitaire complémentaire non reconnu par l’Ordre national des vétérinaires.

Source:
ANSES

Vautour intoxication Lingostière Faune Sauvage
Vautour intoxication ©Lingostière Faune Sauvage www.lingostierefaunesauvage.com

Pour aller plus loin, consulter le site de l’association Lingostière Faune Sauvage

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