Ebola Bundibugyo : quand une flambée rappelle que les frontières entre espèces restent fragiles

L’Organisation mondiale de la santé a signalé ces derniers jours une nouvelle flambée d’Ebola liée au virus Bundibugyo, touchant la République démocratique du Congo et l’Ouganda.

Au 10 juin 2026, plus de 670 cas confirmés et 136 décès étaient rapportés en RDC, avec plusieurs cas également recensés en Ouganda. Une circulation transfrontalière qui rappelle à quel point certaines épidémies continuent de se jouer loin des radars… jusqu’à prendre de l’ampleur.

Le virus Bundibugyo fait partie de la famille des filovirus, comme les autres virus Ebola. Son nom est moins connu que celui du Zaire ebolavirus, mais sa capacité à provoquer des formes graves est bien réelle. Et à ce jour, il n’existe toujours pas de vaccin largement déployé ni de traitement spécifique validé pour cette souche.

Mais derrière les chiffres, il y a surtout une réalité plus large.

Ebola n’est pas seulement une maladie humaine. C’est une zoonose. Comme souvent avec ce type de virus, tout commence probablement dans la faune sauvage. Les chauves-souris frugivores restent les principales suspectes comme réservoir naturel, capables d’héberger le virus sans forcément développer de maladie.

Pendant des années parfois, ces agents circulent à bas bruit.

Puis quelque chose change.

Un contact, une chasse, une carcasse manipulée, une pression nouvelle sur un milieu… et la barrière entre espèces cède.

C’est là que l’approche One Health prend tout son sens.

Ces flambées rappellent que la santé humaine ne se joue jamais seule. Elle dépend aussi de l’état des écosystèmes, de la surveillance du vivant sauvage et de notre manière d’occuper les territoires.

Les émergences ne tombent pas du ciel. Elles apparaissent souvent là où les équilibres ont déjà commencé à bouger.

Titulaire d’un Diplôme Inter-Universitaire en pathologies tropicales essentielles*, je garde un regard attentif sur ces maladies. Parce qu’au-delà de l’urgence infectieuse, elles racontent souvent quelque chose de plus profond sur notre relation au vivant.

Nicolas MARTINEZ
Docteur vétérinaire

DIE Santé de la Faune Sauvage Non Captive

DU Pathologies Tropicales Essentielles — Faculté de Médecine, Sorbonne Université*

* Diplôme universitaire complémentaire non reconnu par l’Ordre national des vétérinaires.

Pour aller plus loin

Ebola

*Les diplômes universitaires suivis en médecine humaine et en droit constituent des formations complémentaires qui enrichissent ma pratique, sans correspondre à des spécialités vétérinaires reconnues par l’Ordre des vétérinaires.

Pour aller plus loin: La peste n’a pas attendu le Moyen Âge pour frapper l’humanité.

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