On parle souvent de la rage comme d’une maladie du passé. En Europe, elle semblait presque appartenir aux livres d’histoire. Pourtant, les derniers chiffres publiés par l’ANSES rappellent qu’elle circule encore, et même davantage qu’il y a quelques années.
Depuis 2021, plusieurs pays d’Europe centrale voient repartir les cas à la hausse. La Pologne, la Roumanie, la Hongrie ou encore la Slovaquie sont particulièrement concernées. Et derrière cette remontée, on retrouve toujours le même acteur : le renard sauvage.
Ce n’est pas vraiment une surprise. Le renard reste l’un des grands réservoirs naturels du virus sur le continent. Tant qu’il circule dans la faune, le risque ne disparaît jamais complètement.
Ce qui interpelle aussi, c’est l’évolution des souches virales observées. Certaines semblent proches de variants habituellement plus orientaux. Une façon de rappeler que les virus voyagent, parfois discrètement, au rythme des déplacements animaux, des bouleversements environnementaux ou de situations politiques instables.
Car la surveillance n’est jamais acquise. Dès qu’elle ralentit, le virus peut reprendre de l’espace.
La France reste indemne de rage terrestre depuis 2001. Mais cela ne veut pas dire que le sujet est derrière nous. La rage garde une particularité brutale : une fois les signes cliniques installés, l’issue est presque toujours fatale.
C’est peut-être ce qui la rend si particulière. Invisible pendant longtemps, presque oubliée… jusqu’au jour où elle revient rappeler qu’en infectiologie, l’absence de cas ne veut jamais dire disparition.
Nicolas MARTINEZ
Docteur vétérinaire
DIE Santé de la Faune Sauvage Non Captive
DU Pathologies Tropicales Essentielles — Faculté de Médecine, Sorbonne Université*
* Diplôme universitaire complémentaire non reconnu par l’Ordre national des vétérinaires.
Source : ANSES, juin 2026.

Pour aller plus loin sur les zoonoses: Lingostière Clinique Vétérinaire, les zoonoses.
