Espèces exotiques envahissantes : réguler sans brutaliser

Depuis la publication de l’article de Nice Matin consacré aux 𝐞𝐬𝐩𝐞̀𝐜𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐨𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐯𝐚𝐡𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞𝐬, vous avez été nombreux à me contacter pour mieux comprendre le sens de mes propos, et de 𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐮𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐦’𝐨𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐞́ 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐦𝐢𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬𝐞 que beaucoup ressentent sur le terrain.

Merci à vous pour ce retour .

Je ne cherche pas à juger de notre relation avec les 𝐞𝐬𝐩𝐞̀𝐜𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐨𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐯𝐚𝐡𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞𝐬. Je ne suis pas expert en environnement, mais j’apporte un éclairage sur la dimension vétérinaire, celle dont j’ai l’expertise : la manière dont ces euthanasies sont réalisées, et le respect ou non des standards internationaux de bien-être animal.

Les textes officiels parlent encore de “𝐝𝐞𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐞𝐬𝐩𝐞̀𝐜𝐞𝐬”, un terme hérité du Code de l’Environnement (article L.411-8) qui place sur le même plan les végétaux et les animaux.

Or, le règlement européen (UE) n°1143/2014 impose explicitement aux États membres 𝐝’𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐠𝐧𝐞𝐫 “𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐝𝐨𝐮𝐥𝐞𝐮𝐫, 𝐝𝐞́𝐭𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐨𝐮 𝐬𝐨𝐮𝐟𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞́𝐯𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞” 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐢𝐛𝐥𝐞́𝐬.

La divergence entre les deux approches est manifeste : 𝐥’𝐄𝐮𝐫𝐨𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐝’𝐞́𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐥𝐚 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧.

Dans la pratique, les arrêtés préfectoraux autorisent encore :

  • le 𝐜𝐡𝐨𝐜 𝐜𝐫𝐚̂𝐧𝐢𝐞𝐧 pour les perruches à collier
  • le 𝐜𝐡𝐨𝐜 𝐜𝐫𝐚̂𝐧𝐢𝐞𝐧 ou le 𝐭𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐠𝐫𝐞𝐧𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞 pour l’écureuil de Pallas,
  • et le tir à balle sur des tortues aquatiques, conduisant souvent à une noyade lente.

Ces méthodes n’ont rien d’une euthanasie encadrée. Les recommandations internationales les jugent contraires à l’éthique scientifique.

À l’inverse, d’autres pays européens – Luxembourg, Belgique – ont intégré la notion d’euthanasie réelle, définie par un consensus scientifique visant à limiter la douleur et la détresse.

Ma proposition, issue de mon travail en Droit Animalier, est simple :

modifier l’article L.411-8 pour distinguer “destruction” (végétaux) et “euthanasie” (animaux), en introduisant les obligations européennes de réduction de la souffrance et d’évaluation scientifique des méthodes employées.

Le rôle du vétérinaire, à ce titre, est central : 𝐠𝐚𝐫𝐚𝐧𝐭𝐢𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥’𝐞́𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐞𝐭 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐞𝐫 𝐪𝐮’𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐫𝐞́𝐠𝐮𝐥𝐞𝐫 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐛𝐫𝐮𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫.

Notre devoir est de veiller à la cohérence entre le droit, la science et le respect du vivant, même lorsqu’il s’agit d’espèces dites envahissantes.

Alors, au lieu de dire qu’il faut refuser les euthanasies, je vous propose d’agir autrement : 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐚𝐜𝐭𝐞𝐳 𝐯𝐨𝐬 𝐞́𝐥𝐮𝐬!

Les élections municipales approchent.

Comment se fait-il qu’en 2025, des arrêtés préfectoraux autorisant le choc crânien, le tir à la grenaille ou le tir sur des animaux circulent encore ?

Vos élus, ou futurs élus, les appliquent-ils ? Les appliqueront-ils ?

On peut aller plus loin: 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭-𝐢𝐥 𝐪𝐮’𝐞𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟓, 𝐮𝐧𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐦𝐞́𝐭𝐫𝐨𝐩𝐨𝐥𝐞 𝐜𝐨̂𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐧 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞 𝐝’𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐢𝐧𝐬 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐨𝐢𝐬𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐝’𝐞𝐚𝐮 𝐛𝐥𝐞𝐬𝐬𝐞́𝐬 ?

Vous êtes-vous demandé ce que deviennent les 𝐠𝐨𝐞́𝐥𝐚𝐧𝐝𝐬 ou les 𝐜𝐲𝐠𝐧𝐞𝐬 recueillis sur notre littoral ?

𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐞 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞.

𝐅𝐚𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐛𝐚𝐭 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐞́𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬.

Vous voulez mieux comprendre? Lisez les arrêtés préfectoraux:

Lire l’article de Nice-Matin

Article Nice-Matin EEE

La position de la LPO sur les espèces exotiques envahissantes: Lien

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