Le virus Usutu en Écosse : un nouveau signal pour la surveillance de la faune sauvage

La récente détection du virus Usutu en Écosse mérite d’être regardée comme un véritable signal de surveillance. Elle s’inscrit d’abord dans une histoire très concrète de terrain : celle de merles noirs retrouvés morts ou présentant des signes neurologiques sur l’île d’Arran, avant que les analyses ne confirment la présence du virus.

Le point important, dans l’article d’origine, n’est pas seulement l’identification du virus, mais ce qu’elle dit de l’évolution du risque.

Le virus Usutu appartient à la famille des flavivirus, comme le virus West Nile. Transmis principalement par les moustiques, il circule surtout chez les oiseaux sauvages. Sa circulation peut rester silencieuse pendant un temps, puis devenir visible à travers des mortalités inhabituelles, en particulier chez le merle noir.

Ce cas écossais fait directement écho à un travail que j’ai mené dans le cadre du Diplôme Inter-École Santé de la Faune Sauvage Non Captive, autour du sondage sérologique d’animaux de la faune sauvage autochtone admis en centre de soins vis-à-vis des flavivirus.

L’objectif de ce type d’étude est justement de mieux comprendre ce que révèlent ces animaux sentinelles sur la circulation discrète de certains agents infectieux dans l’environnement.

Car les animaux admis en centre de soins ne sont pas uniquement des patients. Ils peuvent aussi devenir des sentinelles sanitaires.

Dans l’article source, l’un des éléments les plus marquants est celui-ci : les autorités britanniques rappellent que cette détection montre que des régions plus septentrionales sont désormais exposées à un risque croissant de virus transmis par les moustiques. La surveillance menée avec l’APHA, SRUC Veterinary Services et le projet Mosquito Scotland a d’ailleurs confirmé la présence, à proximité des oiseaux touchés, de plusieurs espèces de moustiques susceptibles de participer à cette circulation virale.

À mes yeux, c’est précisément là que l’approche One Health prend tout son sens.

Il ne s’agit pas simplement d’un virus retrouvé chez quelques oiseaux sauvages, mais d’un marqueur des interactions entre faune, vecteurs, climat et environnement. Un rappel que l’évolution des maladies vectorielles suit aussi celle des écosystèmes.

L’article rappelle enfin que le risque pour le public reste très faible à ce stade, et qu’aucun cas humain n’a été signalé au Royaume-Uni. Pour les biologistes comme pour les vétérinaires de terrain, l’Usutu agit un peu comme un avertisseur précoce : il montre qu’un agent infectieux peut circuler plus au nord qu’on ne l’imaginait, silencieusement, jusqu’à ce que la mortalité des oiseaux rende enfin le phénomène visible.

Mon rapport sur ce sujet fera d’ailleurs l’objet d’un article dédié prochainement.

Nicolas MARTINEZ
Docteur vétérinaire

DIE Santé de la Faune Sauvage Non Captive

DU Pathologies Tropicales Essentielles — Faculté de Médecine, Sorbonne Université*

* Diplôme universitaire complémentaire non reconnu par l’Ordre national des vétérinaires.

Sources:

01 avril 2026: https://www.gov.uk/government/news/first-detection-of-usutu-virus-in-scotland

16 juin 2026: https://www.straitstimes.com/world/europe/experts-probe-shock-arrival-of-mosquito-virus-in-scotland

Usutu détecté en Ecosse

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